La rue d’autrefois…

Vous rêvez d’aventures ? de dépaysement ? Connaître le grand frisson…alors laissez-vous déambuler dans les douces et sombres rues et ruelles du temps d’avant… d’avant quoi me demanderez-vous ? D’avant les grands travaux d’assainissement des villes, ceux-là même qui ouvrir de larges artères dans ces quartiers enserrés sous la protection fantomatique de murailles depuis longtemps obsolètes.
Les restes pittoresques de ces temps révolus, participent au charme des villes, avec ses ruelles tortueuses et mystérieuses…

Contre Sirop’s vous y emmène faire un petit tour !

Deux-trois tours à la Matrix, abracadra, et vous voilà projetés dans les couloirs du temps…

Motivés, vous avancez dans ce dédale grouillant, tel un escape Game grandeur nature. Tout de suite, l’odeur agresse. Dans cette rue du 16ème siècle, la vie se passe à l’extérieur. Les origines rurales sont encore bien présentes, les animaux de basse-cour se promènent librement entre les charrettes et les étals qui encombrent la voie. C’est un véritable Capharnaüm dans cet enchevêtrement tortueux et obscure, infesté de nuisible, mais vous avancez encore, déterminés. On parle, on crie, on vous bouscule. La lumière du soleil ne touche pas la rigole pavée qui sert à l’évacuation des eaux sales, les maisons à encorbellement s’y opposent (le premier étage dépasse du rez de chaussée). Elles ont déjà été reconstruites plusieurs fois, suite à des incendies, car elles sont en bois et en torchis.

 Tout à coup, sans prévenir, vous vous retrouvez rincés de la tête aux pieds. Vous apercevez des bouts d’excréments sur votre manche et vous comprenez que ce liquide puant qui vous plaque les cheveux, est de l’urine. On vient de « tirer la chasse d’eau » au-dessus de votre tête ! En gros, cela consiste à vider son pot de chambre, et au 16ème siècle, les premières lois qui obligent à prévenir au moins trois fois avant de jeter ses déjections par la fenêtre ne sont pas encore tout à fait respectées…

Sans blague ! Ainsi rafraîchis, vous comprenez la rapidité de transmission des grandes épidémies. Vous regardez, méfiants, quelques loqueteux, crouteux et pustuleux, mendier quelques bonnes actions. En vous éloignant, vous vous retrouvez dans un coin un peu moins fréquenté. On vous suit ! vous accélérez le pas mais bientôt quelques drôles à la mine patibulaire vous barrent le passage. Vous vous relevez quelques minutes plus tard, le visage tuméfié et le nez en sang, proprement rossés et dépouillés du peu que vous aviez, dont votre téléphone portable dernière génération (on vous avait dit de ne pas le prendre !).

 Chaque quartier ou presque possède sa cour des miracles. Ainsi dénommés car les mendiants estropiés retrouvaient comme par magie, l’usage de leurs membres une fois de retour dans leur repère, où sévissait la plus grande pauvreté.

Le quartier, on y vit, et on y meurt. C’est un signe d’appartenance. Ainsi, à Paris, on se bat entre quartiers, du faubourg Saint-Marcel et de celui de Saint-Jacques. A l’époque, on savait s’amuser ! C’est une véritable bataille, on incendie, on tue, on égorge. Le calme ne reviendra que lorsque seront disposées quelques potences bien visibles, et pendus de pauvres bougres anonymes. A cette époque, la justice est expéditive et pas toujours juste avec les gens du peuple.

Un joli pont habité de plusieurs maisons à colombages se dresse devant vous. De votre œil encore valide, vous admirez l’ouvrage. Une bonne restauration, quelques boutiques de luxe et un salon de thé… vraiment, ce pont vous inspire !

A l’époque, on y construit son logement ou son local commercial pour y être exempté de taxe, notamment du Cens (taxe que l’on doit au propriétaire du sol) et de l’Octroi (taxe sur les marchandises). Et pourtant, ce pont sera détruit. Car en même temps que l’on construit en hauteur, les habitants y creusent dans les fondations de bois quelques réduits qui servent de cave d’entreposage. Fragilisés, les ponts ne font pas longs feux !

Pour atténuer le martellement des roues des carrosses qui passent à toute berzingue devant la maison d’un malade, on dépose une bonne couche de fumier devant ladite demeure. Voulant préserver la propreté de vos chausses, vous vous écartez sur la chaussée, quand soudain, un attelage débouche à une vitesse d’enfer et vous culbute sans s’arrêter. Vous restez là, agonisant, comme le décrit Louis-Sébastien Mercier dans son « tableau de Paris » :

« Il n’a reçu aucun frein, malgré les réclamations journalières. Les roues menaçantes qui portent orgueilleusement le riche, n’en volent pas moins rapidement sur un pavé teint du sang des malheureuses victimes qui expirent dans d’effroyables tortures… »

Après moults plaintes, on attribue un tarif par blessure, selon la partie du corps blessée. En cas d’accident mortel, la police examine la responsabilité. Si les petites roues de devant sont incriminées, alors le cocher est responsable et devra payer des indemnités. Si ce sont les grandes roues de derrière, la responsabilité est au défunt. Bien sûr, à 90 pour cent le cocher ne paye pas, puisqu’il ne s’arrête même pas…

Voilà que votre aventure s’arrête pitoyablement, estropiés et recouverts de fumier.

En convalescence, vous apprenez quelques belles et terribles légendes sur la brochure que nous vous avions procuré.

A Honfleur, la Ruelle de la petite sirène n’a pas d’origine Danoise. Elle est connue sous ce nom depuis au moins 400 ans. Le corsaire Jean Doublet, décrit d’ailleurs l’apparition de quelques-uns de ces êtres aquatiques, et certaines sirènes avaient la fâcheuse habitude de faire bronzette sur les rochers du rivage !

A Prague au XVIème siècle, l’empereur Rodolphe II fait construire la Ruelle d’Or, aux maisons colorées, afin d’abriter les alchimistes du royaume, loin des regards indiscrets, en échange de la Pierre Philosophale, bien sûr.

Et que dire de la Ruelle des Chats, à Troyes, célèbre pour ses chats sauteurs de maisons en maisons…

Les demeures des ruelles de Guernesey sont équipées d’étranges pierres plates en haut des cheminées. Ce sont les « witches’stone », les sièges pour sorcières ! Cette petite attention pour ses folles aux balais, permet, pense-t-on, d’éviter leur courroux !

Votre couple bat de l’aile ? Précipitez-vous à Guanajuato, au Mexique. En plus de vous payer un beau voyage, vous pourrez tester la légende de la Ruelle du Baiser. Carmen, la fille d’un veuf, aimait Luis. Mais son père ne le voyait de cet œil-là. Il séquestre sa fille dans sa chambre et lui interdit de revoir son Jules. Mais le bien-aimé vit de l’autre côté de la rue, dans une maison qui touche presque celle de sa dulcinée. Par un beau matin, revenant d’on ne sait où, le père aperçoit les tourtereaux se bécotant depuis la fenêtre de leur chambre respective. Furax, le père trucide sa fille d’un coup de couteau ! la légende veut que si un couple s’embrasse sur la 3ème marche de la ruelle, votre amour durera éternellement…

Allez, toujours dans le sanglant. On arrive dans les ruelles sombres et ténébreuses…

La Ruelle rouge, à Laon. C’est la tête d’un évêque que l’on fend en deux. Puis, son cadavre ensanglanté est exposé dans la ruelle. Depuis, on entendrait ses pas…

Pour finir en beauté, la Mary King’s Close d’Edimbourg finira de vous faire regretter la douceur de vie du 17ème et 18ème siècle. Il parait que c’est le lieu le plus hanté d’Ecosse, surtout lorsqu’on la condamna, lors de la Grande Peste de 1645, avec ses 300 résidents mourants…

Finalement, vous vous dites que malgré tout, vous avez bien fait, car vous avez échappé à l’aventure « du barbier et du pâtissier » que nous vous proposions également…

Au 14ème siècle, à Paris, c’est un fait divers sordide qui va donner naissance à la légende. Dotés d’un certain sens des affaires, un barbier et un pâtissier vont s’associer pour régaler le tout-Paris. Dans ses appartements, le barbier proposait ses services aux clients. Faisant mine de les raser, il leur tranchait tout bonnement la gorge avant de les écorcher et de finir le travail en broyant le corps du malheureux. La viande ainsi hachée, tombait par un conduit donnant directement dans la boutique du pâtissier, qui en faisait de délicieux pâtés dont se régalait, dit-on, Charles VI en personne ! les deux complices furent démasqués lorsque le chien d’un client réduit en steak haché, aboya tant et si bien devant l’antre des apprentis culinaires, qu’il donna l’alerte. Les faussaires meurtriers furent démasqués et finirent carbonisés dans une cage de fer !

Il fallut bientôt se repérer dans ce labyrinthe chargé d’animaux de boucherie, de légumes, de peaux de tannages… les habitants eux-mêmes commencèrent à donner des noms aux rues et ruelles, selon les spécialités des corps de métiers, des activités, etc…

Ainsi s’exprima la poésie de ces temps oubliés :

Rue de la femme sans tête ; Rue grant truanderie ; Rue du chat-qui-pêche* ; Rue de merderet ; Rue tire-boudin ; Rue putes y musent ; Rue bertault qui dort ; Rue de la descente de la vallée de misère ; Rue gratte-cul ; Rue tire-vit ; Rue du gros pet ; Cul de sac du ha ! ha ! ; Rue poil au con ; Rue trace-putain…

*Rue du chat-qui-pêche : originellement tiré d’un vieux proverbe : « aller voir pêcher les chats », signifiant être naïf, se faire avoir…

Un petit florilège de saveurs d’antan
Sauce Cameline, Hypocras et Oublies !

Hypocras

Préparation : 20mn

Ingrédients 

75 cl de vin rouge de Bourgogne
200 gr de miel liquide
1 cuillère à café de coriande moulue
1 cuillère à café de cannelle moulue
1 cuillère à café de gingembre rapé
5 clous de girofle
1 cuillère à café de poivre noir en grains

Réalisation

Dans une casserole, faites chauffer un peu de vin et le miel jusqu’à dissolution de celui-ci. Transvasez le liquide dans un récipient et ajoutez le reste du vin. Broyez les épices et les ajoutez au vin. Laissez macérer une nuit complète.
Filtrer la boisson, servez frais au réchauffé.

Sauce Cameline 

Préparation : 20mn

Ingrédients

25 cl de vin rouge
2 cuillères à café de cannelle moulue
1 cuillère à café de gingembre moulu
1 cuillère à café de vinaigre de vin rouge
1 cuillère à soupe de raisins secs
1 cuillère à soupe de sucre roux
1 bonne tranche de pain

Réalisation :

Coupez le pain en croutons et faites-les dorer dans une poêle. Trempez le pain et les raisins dans le vin et le vinaigre. Laissez imprégner. Mixez en ajoutant les épices. Dans une casserole, ajoutez le sucre et faites chauffer doucement la sauce jusqu’à l’obtention de la consistance désirée.

La sauce Cameline était très utilisée au Moyen-Age pour accompagner les viandes rôties.

Les Oublies 

Préparation : 20mn

Ingrédients

200 gr de farine
100 gr de miel
2 œufs
50 gr de beurre
1 gaufrier

Réalisation :

Dans un récipient, formez un puit avec la farine. Versez au centre, les œufs, le miel et le beurre fondu. Malaxez avec la farine afin d’obtenir une boule de pâte ferme et homogène. Laissez reposer 1h. Découpez et formez des boules de pâte de la grosseur d’une noix.

Placez une boule dans le gaufrier chaud, et refermez en appuyant fortement, les Oublies doivent être fines. Laissez juste dorer.

Testez et Envoyez-nous vos photos!
BON APPETIT !!!



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