L’Epiphanie, les Rois Mages, et la Galette…

Bienvenue à l’atelier de création des Légendes!

Aujourd’hui, je serai votre guide. Vous voulez apprendre à créer de belles légendes, qui durent dans le temps?
Rien de plus simple…

Prenons l’exemple de Petrus. Esclave Romain d’origine Gauloise. Condamné à mort, Petrus est un homme heureux. Il vient d’être élu « Maître des Lucii ». Toute la maisonnée est aujourd’hui sous ses ordres. 
Les chants, les rires résonnent dans la villa Patricienne. Le houx, le Gui, le Lierre ornent les murs de briques et le vin coule à flot. 
Caius Lucii, son ancien maître, sert le breuvage couleur rubis. Petrus ordonne, Caius exécute, un petit sourire en coin, il n’est pas fâché de ses excès argotiques.
L’ancien esclave est rempli de joie. La vie est belle, après tout. La tête tourne en même temps que le ventre s’alourdit.
L’air se rafraîchit, lorsque le jour décline.
La bouche pâteuse et l’esprit confus, Petrus a des excès de tristesse. Il oscille entre la bête gaieté, et la mélancolie profonde. Il s’affale sur le Triclinium, à la même place qu’il tient depuis sa prise de pouvoir, au petit matin, et s’endort d’un sommeil éthylique.
Demain matin, aux premières lueurs rosées, Caius redeviendra le maître de la maison, comme il l’a toujours été, et fera exécuter Petrus, comme prévu.

Les saturnales ont offert à l’esclave condamné, un répit, une addition de temps supplémentaire, et la gloire, ou peut-être la vengeance, d’être élu maître à la place du maître. La fête Romaine de la lumière Sacrée, est bien implantée dans l’empire des Augustes. Elles célèbrent le solstice d’hiver. C’est une période de réjouissances, de cadeaux et d’échange de rôle, le maître devient le serviteur, l’esclave le maître. Les barrières sociales disparaissent.

Maintenant, si vous le permettez, prenons des symboles.

L’Or, pour la royauté. L’Encens, en hommage à la nature divine de l’Être. La Myrrhe, pour l’impermanence du Temps et de l’Homme, destiné à mourir.

Fouillons le passé, encore…

Hérodote nous raconte la naissance fabuleuse et dramatique du grand roi Perse, Cyrus le Grand, au 6ème siècle av-JC. Elle fut annoncée par des merveilles célestes et sa conception, fabuleuse et inhabituelle. Bien sûr, de vilains méchants vont tenter d’éliminer le royal bébé. Celui-ci sera sauvé du trépas par de puissants mages, qui d’ailleurs vont reconnaître la divinité de l’Enfant-Roi, Cyrus.

Ici, tout est possible! On s’amuse, on est des fous! Continuons notre création artistique…

Prenons le Mahabharata, dans la mythologie Hindoue.

Le premier roi légendaire de l’Inde, Prithu, à sa naissance, reçoit allégeance et cadeaux des mains ridées et majestueuses des grands Mages de son royaume.

Inutile de trop préciser. Le truc, c’est l’incertitude. Ne racontez pas tout, laissez un peu de flou, de brumes dans les marges, nous y reviendrons plus tard, par petites doses, comme l’on épice un plat.

“Comme les Rois Mages, en Galilée…”

Pas de noms, pas de nombres, pas encore! 

Ici, juste la naissance, merveilleuse et fantastique de l’Enfant-Roi, annoncée par une merveille céleste, une étoile.

Un méchant, qui veut tuer l’enfant. Des Mages, qui doivent le sauver, et reconnaître sa Divinité Royale. 

Saint-Matthieu distille l’idée, quelques pincées de sel, dans son Evangile, quelques indices, pas plus. L’histoire est prête.

Vous voyez, c’est assez simple.
Laissons infuser…la légende est là, parée de pourpre et d’or, prête, magnifique!

Quelques siècles passent, deux-trois, puis, les Mages sont fait Rois. Tertullien, un écrivain Chrétien, s’en chargera.

Maintenant, ils sont trois. Chez certains, ils sont jusqu’à douze! 

Encore quelques siècles, au 8ème, et un nom leur est donné. 

Le premier, est Melchior, le second, sera Gaspard et enfin, le troisième, Balthazar… le quatrième, ne trouvera pas sa place, ni les autres non plus.

Traversants les déserts, les montagnes, les forêts enchantées, bravants les tempêtes, les Rois Mages, guidés par l’Étoile, annoncent au roi Hérode, la naissance du Messie. Celui-ci, fou de peur, ordonne le meurtre de tous les enfants de moins de deux ans, à Bethléem. C’est le “Massacre des Innocents”.

Les Rois Mages, toujours guidés par l’Étoile, se prosternent, douze jours après sa naissance, au pied de l’Enfant-Roi, et y dépose l’Or, l’Encens et la Myrrhe.

Le symbole est fort, c’est toute la royauté du monde, et les anciennes croyances, qui s’agenouillent devant Jésus.

Ce jour sera l’Epiphanie, l’Apparition, la Présentation au Monde.

Infatigables, Gaspard, Melchior et Balthazar, se remettent en route pour rejoindre leurs royaumes. 

Mais la colère du roi trahit, Hérode, guette les routes. Alors, les trois Rois Mages empruntent un autre chemin.

Égarés, certains les croisent à Baux-de-Provence, où les Seigneurs du coin se diront leur descendants. “Au hasard, Balthazar” sera leur devise.

Plus au Nord, à Etrabonne, en Franche-Comté, la légende affirme que nos trois Rois Mages se seraient arrêtés boire à la source, et auraient trouvés l’eau très bonne et fraîche. “A tra boun” en patois local. Depuis cette rencontre “Une bonne étoile nous guide” est la devise du village!

Harassés de fatigue, les Rois Mages profitent désormais d’un repos éternel, sous les voûtes de pierres blanches de la Cathédrale de Cologne, leurs Corps enchâssés dans des reliquaires d’or.

Ont-ils pu rejoindre leurs Royaumes? Pas d’inquiétude, la légende est encore vivante, libre à chacun d’imaginer la suite. Et lorsque vous croquerez dans votre part de galette, et que vous tomberez sur la fève, ayez une petite pensée pour Pétrus, l’esclave Romain. Vous venez d’être élu Roi ou Reine de la journée, tout comme on le faisait déjà aux Saturnales…

Pour clore cet atelier création, je vous propose une recette de galette des rois à la frangipane…



Galette des rois à la frangipane

Préparation : 15mn
Cuisson : 30mn
Pour 6 personnes

Ingrédients 

2 pâtes feuilletées circulaires
280 gr de poudre d’amandes
200 gr de sucre
150 gr de beurre
4 oeufs
1 jaune d’oeuf
Rhum
1 fève

Réalisation

Préchauffez votre four à 200°c.
Dans un récipient, mélangez la poudre d’amandes, le sucre, les oeufs et le beurre préalablement ramolli. Mélangez bien. Si vous le voulez, vous pouvez aromatiser votre crème avec un peu de Rhum.
Sur une plaque allant au four et recouverte de papier sulfurisé, disposez une première pâte feuilletée. Fouettez le jaune d’oeuf et badigeonnez une marge d’un centimètre tout autour de la pâte. Etalez la crème d’amandes uniformément, sans recouvrir la marge doré à l’oeuf.
Insérez la fève dans la crème. Puis, disposez la seconde pâte feuilletée sur le dessus. Appuyez avec le bout des doigts sur le pourtour de la galette, de façon à bien souder les bords.
Badigeonnez de jaune d’oeuf le dessus de la galette, puis, à l’aide d’une lame de couteau, dessinez sur la pâte.

Enfournez pour 30 minutes environs.

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BON APPETIT !!!



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