Lustucru, un Joker bien de chez nous !

Mesdames, Messieurs,
Croyez-moi ! combien, Hô, de faux, plagieurs, hypocrites et contrefaçons, de la perversion humaine, putride et idiote…
D’un tel, je n’en connais qu’un.
C’est un humoriste, un poète, que dis-je, un véritable génie du verbe, ingénieux, commerçant du rire salace, et de la stupidité méchante.
Écoutes, toi qui ne veux pas suivre son chemin tortueux !
Voici son histoire.

Le Corniaud et le Forgeron…

Très tôt, sa carrière commence sur les planches, au théâtre, vers le 15ème ou 16ème siècle. Son rôle fétiche, il le doit à sa fameuse réplique « L’eusses-tu cru ? », elle fera sa renommée, son personnage, l’idiot de théâtre, et bientôt son nom de scène.
Professionnel de terrain, il sait vendre. Jugez donc…

En 1659, une gravure apparait dans un almanach. Elle représente un forgeron qui opère dans son atelier. Au-dessus, bien en évidence, l’enseigne de l’artisan au titre aguicheur de « l’Opérateur Céphalique », et le nom du maître des lieux, Lustucru.

L’homme de la forge, tient dans ses pinces, une tête de femme. De son autre bras, haut, un marteau s’apprête à frapper la tête, posée sur l’enclume.

La légende encadrée explique le travail du forgeron, qui remet à neuf, répare les esprits féminins trop enclins à l’indépendance. Car les femmes, dans les années 1650, sont bien établies dans les arts littéraires et les salons Parisiens. On tente de les ridiculiser en les appelant « Précieuses »…

« Céans Me. LUSTUCRU a un secret admirable, qu’il a apporté de Madagascar pour reforger et repolir sans faire mal ni douleur les têtes des femmes accariâtres, bizarres, criardes, diablesses, enragées, fantasques, glorieuses, hargneuses, insupportables, lunatiques, méchantes, noiseuses, obstineés, pie-grièches, revêches, sottes, têtues, volontaires, et qui ont d’autres incommodités. »

 « Corrige si tu peux, par un discours honnête,
De ta femme l’esprit querelleux et bourru :

Si cela ne fait rien, pour amollir sa tête,
Ou prends martin bâton, ou va chez Lustucru. » 

Qui eut cru qu’il était possible de « reformater » un cerveau de femme ? L’eusses tu-cru ?

Jackpot, si j’ose dire. Car la gravure fait l’effet d’une déflagration, le buzz. On adore ! L’almanach est réédité. On le vend jusqu’en Allemagne et en Italie !

C’est que l’époque est secouée par une affaire de mœurs, pas vraiment flatteuse pour les hommes, blessés dans leur virilité.

Sais-tu faire ?

Le Congrès, sorte de tribunal de l’impuissance, traite une affaire qui oppose entre 1658 et 1659, Marie de Saint-Simon, à son mari, René de Cordouan, marquis de Langey. Madame accuse son cher et tendre de ne pouvoir la satisfaire, et demande donc l’annulation du mariage.

Une affaire qui aurait dû rester privée, mais qui va vite devenir virale. C’est un feuilleton qui passionne la France.

Les époux se soumettent à différents tests, et le pauvre marquis devra, devant une assemblée d’experts, faire preuve de sa « capacité à passer de l’érection à l’intromission, puis à l’éjaculation ». Tests que le mari ne réussira pas.

La médiatisation de l’affaire et l’humiliation subie par le marquis est telle, qu’elle choque les poitrails velus, qui réclament la fermeture du Congrès.

Notre forgeron Lustucru est donc la réponse masculine à ce qui parait être à l’époque une dérive de l’ordre établit, un super-héros, répondant à l’anxiété des hommes, un vengeur violent, protégeant le mâle pouvoir contre les désirs de femmes trop intelligentes et fortes. Inconcevable, pour le Pater Familias.

Sur une autre gravure de l’almanach, Lustucru est représenté, victime cette fois, de femmes enragées, prête à en découdre, à coups de marteaux. Son atelier est dévasté. La légende a pour nom « le massacre de Lustucru, par les femmes fortes et vertueuses ». Le titre alerte. Il est urgent de réagir pour les hommes, en emmenant à la forge la femme qui aurait des désirs soudain d’émancipation, afin que le « chirurgien du cerveau » la « reboot ».

Ah la belle affaire, pour sûr. Ce fut un beau rôle pour Lustucru, et cela lui donna une réelle notoriété, bien méritée.

Mais « qui vise les étoiles, atteint la Lune ». Et la lune ne lui suffit plus. Il ambitionne…

Encore une fois, il va démontrer ses talents, en surfant sur la vague des évènements.

La révolte !

En 1662, éclate dans la région Française du Boulonnais, une révolte populaire contre la pression fiscale du gouvernement du jeune Louis XIV.

L’économie du Royaume est au plus mal. La Guerre de Trente ans vient de s’achever, et les provinces frontalières, dont le Boulonnais, ont été particulièrement touchées, ravagées par les combats et les troupes ennemies.

Depuis le rattachement de la Picardie à la France, la région du Boulonnais possède des particularités et privilèges fiscaux. Elle est notamment exemptée de plusieurs impôts.

Des taxes ont été levées en temps de guerre. Mais, désormais en paix, le peuple refuse net de payer et aspire à des lendemains meilleurs.

Lorsque quelques troupes Royales investissent des fermes de la région, le peuple s’émeut. La population loge et nourrit le soldat, elle le doit. On s’échauffe, et quand le collecteur réclame, c’est l’embrasement.

Soutenue discrètement et sans courage par la noblesse et la bourgeoisie Boulonnaise, la révolte est en majorité paysanne. On chasse les quelques troupiers à coup de fourches. L’affaire fait grand bruit à Paris, et le Roi-Soleil aime l’ordre plus que tout.

On envoi la troupe. La vraie, la clinquante, la belle à l’étendard, la sanglante. Le peuple n’aime pas l’odeur de la poudre, et les premiers coups de feu font fuir les révoltés, épuisés par des années de misères. La rébellion s’éteint aussi vite qu’un soufflé retombe. Les meneurs sont roués, d’autres sont envoyés aux galères, où ils y pourrissent.

A Paris, on se glousse de l’ardeur des mutins dans la fuite. On ironise et on exagère leur violence.

Pour discréditer l’évènement, on la nomme « Révolte des Lustucru » !

Inscrit dans l’histoire, notre héros Lustucru brille à jamais au firmament.

Enfin, comme l’ont connu tant d’artistes, une période creuse s’annonce pour notre chantre de la couardise et de la bêtise humaine.

Bouffeur d’enfants, et pâtes au beurre…

On peut signaler, dans sa carrière, un rôle de « Croque-Mitaine », dépeceur d’enfants, qu’il joua à la perfection, bien entendu. On recherche alors en lui, l’incarnation de la violence, véritable, plus que l’idiotie ou la lâcheté.

« C’est le grand Lustucru qui passe
C’est le grand Lustucru qui mangera
Tous les petits gars qui ne dorment guère
Tous les petits gars qui ne dorment pas »

Il va pouvoir pousser la chansonnette dans une brève apparition de la populaire « Mère Michel », où il vend son chat comme lapin à cuisiner, au milieu du XIXème siècle.

Reviens Léon…

Sa dernière représentation date de 1911. Elle lui fut donnée grâce à Jean-Louis Forain, illustrateur, qui participa au concours du fabricant de pâtes, et entama, plein comme un boudin, la « Mère Michel » au cours du banquet de fin de concours Ce qui donna l’idée du nom du personnage de « Per’ Lustucru », représenté par un jovial bonhomme, débarrassé de toute perversité.

Candidature spontanée

Depuis, il se tanne. L’épicerie l’ennui, voyez-vous.

Instinctif, il cède à son pêché, la gourmandise du mal et de la bêtise, ce jus vert et puant dont il se régale.

Ne l’en blâmons pas. Les tentations sont multiples à nôtre époque. Ce gros bonhomme joufflu n’est qu’un bouffon, et notre quotidien, un terreau bien fertile, pour l’imagination de notre artiste.

De son cachot de pâtes aux formes bizarres, il attend l’Etoile qui le guidera.

 Mesdames, Messieurs, lorsqu’un Digne à la couronne picrocholine, Lustucresque, la ceindra de nouveau, étincelante sur un front imbécile, lorsque les ors de la bêtise brilleront de milles charognes, les trompettes anémiées sonneront le tonnerre du tocsin, aux cris effarés d’« eusses tu-cru ?» 

Quoi d’autre comme recette, qu’un bon plat de Pâtes au fromage ?



Pâtes n’ Cheese

Préparation : 10mn
Cuisson : 10mn
Pour 6 personnes

Ingrédients 

400 gr de coquillettes
100 gr de beurre
100 gr de farine
80 cl de lait
30 cl de bouillon de poule
450 gr de fromage style Cheddar, Mimolette, Gruyère ou Comté.

Selon les goûts.
1 cuillère à café de moutarde
1 jaune d’œuf
1 gousse d’ail
Sel, poivre

Réalisation

Cuire les pâtes Al-dente. Égouttez-les et réservez
Préparez le bouillon, hachez l’ail.
Préparez la béchamel. Dans une casserole, faites fondre le beurre avec l’ail et la moutarde. Puis, incorporez progressivement le bouillon et le lait tout en remuant constamment.
Hors du feu, incorporez le jaune d’œuf et le ou les fromages râpés.

Mélangez jusqu’à ce que le fromage fonde entièrement.
Incorporez les pâtes, et enrobez-les de sauce. Salez, poivrez.

Tout à fait régressif ! Bon appétit !!

Pâtes n’ Cheese

Testez et Envoyez-nous vos photos!
BON APPETIT !!!



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