Norton 1er, Empereur des Etats-Unis d’Amérique et Protecteur du Mexique !

Circé la Magicienne
Il est des lieux uniques, creuset de poudre et d’insolite, attirant des caravanes d’aventuriers et d’hurluberlus. Ces lieux sombres et magiques, qui illuminent les phares de la civilisation par son non-sens, voguent à travers le temps et l’espace, d’un continent à l’autre.
C’est une ville qui change les Hommes. L’or rend fou, San Francisco est sa reine couronnée, sa déesse.
Et San Francisco l’Espagnole, puis l’Américaine, accueille, au 19ème siècle, le Grand Meeting des chercheurs de pépites. Rassemblement connut sous le nom de « Ruée vers l’Or ».
Beaucoup ont voulu se frotter à son fard doré, désirant y faire fortune, avant de connaître la déchéance.
Il en est ainsi de beaucoup d’hommes, fuyants, abandonnant leur famille, et se découvrant l’âme entreprenante, violente, prêt à prendre ce qu’ils convoitent dans ce point unique, ouvert aux audacieux.

Le Loup, homme d’affaires

Après avoir passé plus de 20 ans en Afrique du Sud, Joshua Abraham Norton, libéré des attaches familiales après le décès de ses parents, s’embarque pour découvrir l’autre côté de l’Atlantique, direction le Brésil.

Après avoir fait fructifier l’héritage paternel, le Londonien de naissance reprend la mer. Les douces mélopées de la « Golden Rush » Californienne sonnent à ses oreilles d’homme d’affaires et l’attirent sur la côte Pacifique. Le 05 novembre 1849, il entre dans le port grouillant de San Francisco.

La bosse des sciences ou le photographe nomade

Frederick Coombs est phrénologue de métier. Cette spécialité qui étudie la forme et les irrégularités du crâne pour prédire les traits mentaux du sujet. C’est un expert et conférencier qui a déjà publié. Ce New-Yorkais a la bougeotte. Equipé d’un Daguerréotype, il effectue la traversée des Etats-Unis d’Est en Ouest, en vendant ses productions photographiques.

Dans les années 1860, harassé, il découvre au loin le toit des maisons colorées, accrochées aux coteaux de la jeune San Francisco.

Rat hunter !

La ville, comme beaucoup d’autres de son époque, doit lutter contre un fléau canin. Les chiens errants, tout comme leurs homologues humains, pullulent dans les rues sales de la cité naissante.

Des ordonnances municipales obligent alors à éliminer les cabots sauvages et sans domiciles.

Un Terre-Neuve noir et blanc va échapper à cette élimination. Nommé « Bummer », il doit sa survie à son talent exceptionnel de tueur de rats. En effet, là où sévit le Boom humain des débuts de la Ruée vers l’or, les rats et la vermine se précipitent.

Protégé des commerçants, aimé des passants, Bummer a l’âme chevaleresque. Lorsqu’un de ses congénères agonise à la suite d’un combat contre un CSD (Chien Sans Domicile) plus féroce que lui, Bummer, sans hésiter, le tire dans son repaire. Il le nourrit de ses mendicités, et le réchauffe de son pelage, la nuit venue. Les soins et la bienveillance ainsi prodigués, étonne la société interlope et fascine la presse. Tant d’humanité animale qui fait défaut dans la société toute puissante de l’Homme. Contre toute attente, le clébard survit. On le surnomme alors « Lazare ». Le ressuscité se révèle encore plus grand chasseur de rats que son protecteur.

Désormais inséparables, Bummer et Lazare captivent les journaux, qui relatent dans leurs feuilles, leurs exploits et leurs aventures.

L’Effet Papillon

Joshua Abraham Norton est une personnalité en vue dans la bonne société Franciscanaise. Depuis qu’il s’y est installé en tant que promoteur immobilier, les affaires lui sourit.

De l’autre côté du Pacifique, des événements tragiques vont bientôt se répercuter sur la grève américaine.

En Chine, la dynastie Qing tente de se relever, suite à la défaite subit contre l’Angleterre, pendant la Première Guerre de l’Opium. Des catastrophes naturelles suivent. L’inondation des terres fertiles et l’incapacité du gouvernement à aider les populations affectées, vont donner le signal à l’un des mouvements les plus meurtriers de l’histoire chinoise, la révolte des Taipings. Misère, mort, famine. La terre de Chine mêle le sang et la peur. L’Empereur interdit l’exportation de riz, il faut nourrir le peuple d’abord !

La nouvelle est relayée par toutes les gazettes de la Côte Ouest américaine.

Le richissime homme d’affaire, Joshua A. Norton, est à l’affût et son esprit prédateur renifle la plus-value. Il achète la cargaison complète de riz d’un navire en provenance du Pérou, et s’apprête à inonder le marché américain avec SON riz. Mais si l’homme d’affaire est doué, il n’en est pas moins dépourvu d’orgueil.

Du riz péruvien, il en arrive en masse, et Joshua Norton n’a pas le monopole ! D’autres loups ont flairé le bénéfice.

Il tente alors de faire annuler le contrat d’achat de sa cargaison, arguant un vice. Une procédure qu’il va soutenir trois années durant devant les tribunaux, s’enfonçant dans le déni et l’appauvrissement. Lentement, ses affaires périclitent. En 1858, il est débouté, ruiné et dépressif. Les fortunes se font et se défont dans ce bout de terre où se côtoient le meilleur et le pire de la société humaine.

Touchez ma bosse…

Le gentleman New-Yorkais, Frederick Coombs, est à Frisco depuis quelques mois. Son activité photographique est florissante. Il tente de transformer sa boutique attelée, en commerce avec pignon sur rue. C’est un excentrique, charmeur avec les dames, jovial, doux et distingué. On remarque une possible ressemblance avec Georges Washington. La simple rumeur, chuchotée avec amusement d’abord, devient une affirmation qui enchante l’attributaire. A force, il s’en convainc.

San Francisco, nouvelle demeure de l’enchanteresse Circé, libère ses charmes toxiques. Elle tord les esprits, les façonnent.

 Aurait-il déjoué le sort, phrénologue expert, s’il avait exploré la science des protubérances de son propre crane ?

Washington, le retour

C’est une évidence, elle saute aux yeux. Réincarnation du Général. Comment ne l’a-t-il pas vu plus tôt ? Désormais, Frederick Coombs se présente le plus sérieusement du monde sous le nom de Washington II

L’Empereur !

Après quelques mois d’absence, Joshua A. Norton réapparait dans les rues de San Francisco. Ses proches ne le reconnaissent pas, une lueur étrange brille au fond de ses yeux. C’est un homme couvert de poussière, habité de rage, hébété. Il revient du désert où il a combattu le feu du soleil et le poison du crotale. Les habitants peuvent lire dans les journaux la déclaration suivante :

« À la demande impérative d’une grande majorité des citoyens de ces États-Unis, moi, Joshua Norton, anciennement d’Algoa Bay, Cap de Bonne-Espérance, et maintenant depuis neuf ans et dix mois à San Francisco, Californie, déclare et me proclame empereur de ces États-Unis, et en vertu de l’autorité ainsi investie en moi, ordonne aux représentants des différents États de l’Union de se réunir dans la salle musicale de cette ville, le 1er février prochain, puis et là pour apporter des modifications dans les lois existantes de l’Union qui peuvent atténuer les maux sous lesquels le pays travaille, et ainsi faire naître la confiance, tant au pays qu’à l’étranger, dans notre stabilité et notre intégrité. » signé NORTON Ier. En 1863, suite à l’arrivée des troupes Françaises au Mexique, il ajoutera à son titre : « Protecteur du Mexique ».

L’Empereur contre le Président

Sa majesté, l’empereur Norton Ier est déjà familier des Franciscanais lorsque Son Altesse Washington II vient se pavaner dans les rues de la cité, affublé d’un uniforme de l’armée continentale désuet, d’un tricorne et d’une perruque du siècle précèdent.

La rencontre a lieu dans Montgomery Street, la grande artère de l’époque.

Les deux hommes vont se jauger, se saluer, pour finalement faire bonne figure, bras dessus, bras dessous. Mais les apparences ne trompent pas. Deux princes pour une ville…

Le couple amuse les passants. On raffole de leurs aventures picaresques. Au journal le « Morning Call », un jeune journaliste se prend d’affection pour ses deux farfelus, et commence à leur réserver une rubrique. Son nom, Samuel Langhorne Clemens, bientôt connu sous le pseudonyme de Mark Twain.

Mais l’entente bientôt, vole en éclat. Washington II énerve prodigieusement Norton Ier. Ce dandy maniéré, à l’audace de vanter la supériorité de son charme auprès de la gente féminine !

Lorsque Washington II placarde sur les murs de la ville des pancartes destinées à son commerce, Norton Ier les arrachent, et les piétinent. Fini la drôle de guerre, cette fois, les hostilités sont ouvertes !

Furieux, Washington II s’en va trouver la police pour l’informer du méfait de l’auto-proclamé empereur.

Encore plus furieux devant l’inaction des autorités, notre réincarnation présidentielle vend son histoire aux journaux dans le but de réunir des fonds et d’attaquer Norton Ier devant les tribunaux.

La contre-attaque impériale ne se fait pas attendre. Il use d’une arme qu’il maîtrise et publie un « décret impérial » par voie de presse, en ordonnant aux officiers de police de la ville de San Francisco, d’arrêter le prétendu Washington II…

Bien sûr, l’empereur n’a aucune autorité, et l’ordre amuse, jusqu’aux pontifes de la ville.

Mais Washington II prend la menace très au sérieux. Entre fou, qui est le plus fou ?

Après 2 ans de présence dans la « Golden City », il décampe aussi sec, sans se retourner, et part rejoindre sa terre natale, New York, où il s’y présentera sous sa nouvelle identité, encore quelques années, avant de mourir.

Imperator Rex

Débarrassé de son rival, Norton Ier peut arpenter les rues de son empire, vêtu d’une casaque bleue donné par des soldats, surmontée d’énormes épaulettes dorées, d’un sabre porté au côté, et coiffé d’un chapeau de fourrure de castor, couronné d’un magnifique bouquet de plumes de Paon. La classe impériale.

L’Empereur va ainsi régner pendant plus de vingt ans, en publiant régulièrement ses décrets, qui n’auront d’autres échos que les sourires de ceux qui les lisent dans la presse locale.

Dans une autre ville, on l’aurait tout simplement interné, mais ici, on l’aime. Sans le sou, il loge dans une pension de famille miteuse, aidé par d’anciennes connaissances. Il lève des impôts, 25 cents par commerçants et par semaine. On les lui donne affectueusement, c’est une façon dissimulée de faire la manche, et de survivre.

Mais si sa tête est ailleurs, plongée dans le temps passé de sa prospérité, son cœur est bien là, dans les rues de cette ville qu’il aime tant, se souciant tous les jours du bien-être de ces habitants.

Et la ville lui rend bien. Il fréquente les meilleures tables, et une place, parmi les meilleures, lui est toujours réservée au théâtre.

Quand son uniforme tombe en pièces, usé par le temps, la ville lui en offre un nouveau. Et lorsqu’un jeune officier de police l’arrête, c’est l’émoi dans les rues de San Francisco. Une pétition est signée. La ville le relâche, et s’excuse platement. Norton Ier, drapé de clémence majestueuse, pardonnera au jeune novice.

Bummer et Lazare, nos deux compères canins, célébrités people, font naturellement partis de la suite impériale. Leurs exploits sont célèbres. « En six minutes, ils tuent 85 rats ». Un autre jour, « ils stoppent courageusement un cheval fou au galop dans les rues encombrées ». Les feuilletons se succèdent et se vendent bien. « Bummer abandonné, Lazare court désormais avec un autre… », « Bummer magnanime, Lazare revient… ».

Eux aussi, ont connu l’excitation d’une foule en colère, venue libérer Lazare, après avoir été capturé par une société d’extermination.

Dernière révérence

Déambulant dans les rues fiévreuses, l’Empereur et ses deux chiens chasseurs de rats, laissent une cité en deuil lorsque, empoisonné, Lazare succombe. Peu de temps après, Bummer, le Terre-Neuve puissant, inconsolable, rejoindra son compagnon, battu par un ivrogne. On arrête le tueur de chien, et on le tue en prison, en l’honneur de Bummer !

Bummer (décevant), un nom bien inapproprié, aux vues du nombre de personnes suivant la dépouille de l’animal, peut-être le seul Être raisonnable de cette histoire…

Après avoir été colon en Afrique du Sud, puis riche gentleman de San Francisco, Joshua A. Norton, disgracié, déchut et autoproclamé seul et unique Empereur de l’histoire des Etats-Unis d’Amérique, s’effondre en pleine rue, le 08 janvier 1880, sous une pluie fine et fraiche.

Les journaux titres « Le Roi est mort ! ».

Le cortège funéraire rassemblera près de 30 000 personnes.

Sa tombe est aujourd’hui encore, constamment fleurie.

Sous le soleil Californien, une recette que l’on mangeait déjà au 19ème siècle, dans la Baie de San Francisco.

Avocado Toasts

Préparation : 15mn
Cuisson : 10mn
Pour 4 personnes

Ingrédients 

1 pain de campagne tranché
1 petite boite de maïs ou 2 épis de maïs doux
2 avocats bien mûrs
1 citron vert
2 cuillères à soupe de beurre
2 cuillères à soupe de coriandre fraiche
11O gr de féta
Paprika
Sel, poivre

Réalisation

Si vous utilisez des épis frais, les faire griller au four. Une fois bien cuit, badigeonnez-les de beurre, salez, poivrez et saupoudrez de paprika.
Laissez tiédir et retirez les grains de maïs.

Si vous utilisez du maïs en boite, égouttez-le, puis, dans une poêle, faites cuire le maïs quelques minutes dans le beurre. Salez, poivrez et saupoudrez d’une demi-cuillère à café de paprika. Réservez.

Coupez les avocats, les dénoyauter et récupérer la chair dans un récipient. Ecrasez la chair d’avocat en purée, salez, poivrez et ajoutez le jus d’un demi-citron vert.
Faites griller 4 belles tranches de pain.
Etalez la purée d’avocat, répartissez le maïs, émiettez la féta sur le dessus, parsemez de coriandre finement ciselée.
Ajoutez quelques gouttes de jus de citron vert et une pointe de paprika.
Pour donner un côté plus hot et mexicain, rajoutez du piment Jalapeno !

Ay, caramba !

Testez et Envoyez-nous vos photos!
BON APPETIT !!!



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