Les Frogs n’ Buccaneers et la malédiction du Redenciona!

Les deux hommes arrivèrent en même temps devant la petite clôture vert émeraude, composée de lattes de bois assemblées et taillées en pointes.

Ils y déposèrent en équilibre leur lourd vélo, de style américain le plus populaire, le Schwinn Cruiser, et franchirent sans attendre la porte mi-cuisse du portail.

La journée était chaude, vraiment chaude en ce début d’après-midi. Et la course en vélo avait fait apparaître de grandes corolles humides sur le tissu des chemisettes.

Le petit chemin empierré serpentait dans un jardin en fouillis d’arbre, de palmiers, de lianes, et quelques fois, sortant du bordel végétal, d’un massif en fleurs aux couleurs vives. Le soleil et l’humidité neutralisaient toutes les odeurs possiblement agréables.

Le chemin se terminait devant un petit perron de bois vert cendré, qui cachait de son ombre une porte-moustiquaire. Le premier homme l’ouvrit et frappa sur le bois craquelé de l’entrée, puis, sans attendre de réponse, ouvrit la porte et s’engouffra dans la pénombre de la cabane.

Une odeur douceâtre de cambouis infusait l’air ambiant. L’intérieur était à l’image du jardin, un foutoir de caisses vides, de journaux et autres restes momifiés d’aliments encombraient le sol.

Les deux hommes pénétrèrent dans une pièce sombre qui semblait être une chambre, et l’un d’eux secoua doucement un semblant de corps allongé sur un lit bas en planche de bois épais.

« Ben ! »

Le sac d’os sursauta.

« Hein !? Quoi ? Qui c’est ?? »

Avec une rapidité des mains, le vieil homme retira une sorte de bouchon de papier de ses oreilles et regardait presque avec effroi les deux ombres qui le toisait, amusées.

« Calmes-toi, Ben, c’est nous, Ron et Dirck… »

Pas tout à fait sorti de son hébétude, le vieux tentait de faire la mise au point de ses deux yeux ébahis. Ses cheveux longs complètement en batailles et bouclés le faisait ressembler à un faisan regardant la voiture fonçant sur lui.

« Ah, merde les gars ! Vous m’avez fichu une de ces trouilles ! »

Les deux hommes, loin d’être désolés, pouffèrent de rire. Le plus grand, et aussi le plus athlétique des deux intrus, était Ron Hobart. Les cheveux courts, bruns et plaqués en arrière, ce qui accentuaient un front exagérément dégarni. Il semblait avoir l’ascendant sur le deuxième homme, légèrement en retrait. Dirck Werner était plus élancé, plus mince. Son sourire bronzé laissait percevoir une dentition parfaite et un visage filou.

Très vite, ils en vinrent au motif principal et urgent de leur présence.

« Ben, il va nous falloir plus de matériel. »

« Encore ?! “ 

De dépit, il laissa tomber son bras sur sa cuisse décharnée.

“Bon, faites-moi une liste et je verrais ce que je peux faire ! »

« Elle est déjà faite »

Ron tendit au vieux un papier plié que les mains osseuses se dépêchèrent de déplier. Ses doigts fripés étaient constellés de grosses bagues en or, apparemment beaucoup plus anciennes que lui. Ils les avaient trouvés, disait-il, lorsqu’il pratiquait la chasse aux trésors tout comme eux, ici, dans les Keys, dans le ventre déchiré de quelques galions naufragés au fond de la mer.

En lisant la liste, il soupira un gémissement de vieillard, et pocha le papier dans son Bermuda. Il se leva avec une agilité déconcertante. Sa silhouette fragile mentait sur ses aptitudes. Il proposa du café que les deux compères refusèrent promptement. Il vida une tasse de son contenu douteux, la sentit, et la remplit d’une substance noire qu’il but d’un trait, puis, se dirigea dans la pièce principale qui ressemblait  à un atelier mécanique. Au milieu trônait une moto, une magnifique Indian « Big Chief de 1928 » modifiée. Le métal du moteur rutilait et semblait bien être la seule chose choyée et entretenue dans la bicoque du vieux. Il mit ses lunettes de protection d’aviateur et enfourcha le bolide. 

Ron, par expérience, ouvrit les deux battants de la grande porte de la pièce donnant directement sur la route menant en ville, et au port. Dans un rugissement d’enfer qui fit s’envoler des feuillets de vieux journaux, Ben mit les gaz, et disparu dans un nuage d’échappement, faisant tousser les deux hommes.

Le soleil déclinait comme une grosse tache de café dorée, lorsque Ron rejoignit le “Sans-soucis”, une péniche amarrée. 

Avec sa femme Meg, et leur deux enfants, Roy, et la petite dernière, Louise, ils formaient une famille de chasseurs d’épaves qui se cotoyaient, vivaient, et s’engueulaient, dans cet espace exiguë comme une mare aux carpes. C’était leur lieu d’habitation, depuis qu’ils vivaient sur les Keys, en Floride, leur “Home sweet home”, comme l’affirmait le tapis d’entrée en fibres de coco. 

L’aîné, Stan, échappait à cette contiguité, et vivait sur son propre bateau avec sa femme. 

Ce tas de métal cubique, ballotant mollement sur les rides ondulantes du port, leur apportait le repos de la nuit. Il était rare qu’ils y passent plus de temps. La majeure partie de leur activité se situait au large, parfois plusieurs jours d’affilés, sur d’anciens remorqueurs qui sillonnaient autrefois les eaux douces du Mississippi et transformés pour l’occasion en navires chasseurs d’épaves. 

Ron embrassa tendrement sa femme et se versa à mi-verre une dose liquoreuse de whisky. Sur le pont arrière, aménagé en terrasse, il s’installa dans la chaise en osier qui grinça, et défia le crépuscule irisant. Le petit citronnier en pot embaumait ses effluves d’agrumes. 

Meg le rejoignit, une limonade fraîche à la main, la buée opaque gouttait sur ses longs doigts fins. Elle se contorsionna dans le hamac, et le couple, en silence, profita de l’instant. Louise berçait de son petit chant fluet d’enfant de neuf ans la contemplation de ses parents. Penchée sur la table en teck verni, elle gribouillait d’affreux paysages qu’elle refusait de jeter, au grand désespoir de Meg.

De l’autre côté du port, face à eux, les palmiers et leurs branches étoilées se détachaient dans le couchant orangé, et le panorama fut digne d’une carte postale.

L’ambiance du moment invitait à l’introspection, et Ron se remémora le chemin parcouru.

Passionné de plongée sous-marine, il avait vendu, vingt ans plus tôt, le Ranch familial d’élevage de poulets, et était tombé éperdument amoureux de la fille des acheteurs, Meg. Ils se marièrent peu de temps après leur rencontre. Ron contamina sa femme pour sa passion sous-marine. Et bientôt, ils ouvrirent un magasin spécialisé en matériel de plongée, près de Los Angeles.

Meg donna naissance à leur premier enfant, Stan. Puis la famille s’agrandit avec Roy, et la petite Louise.

Un beau jour tapissé de soleil Californien, ils furent contactés par Dirck Werner, un chasseur d’epaves installés en Floride. Il avait besoin de leur expérience en plongée sous-marine. 

Leur petite affaire de matériel de plongée marchait bien, mais Ron fut convaincu des potentialités qu’offraient la récupération d’épaves. Dans leur folie, Ils vendirent leur magasin, et déménagèrent sur la “Gold Coast”, en Floride. 

L’enthousiasme contagieux entraîna dans leur sillage des amis plongeurs, et ils purent ainsi former leur équipe de plongée. Composée de personnages hétéroclites, rêveurs et professionnels, l’équipe accueillait six personnes, plongeurs confirmés ou non. Ils se nommèrent les « Frogs n’ Buccaneers ». 

En s’associant avec Dirck Werner, ils entraient ainsi dans la famille restreinte et mystérieuse des chasseurs de trésors sous-marins. 

C’est pendant une soirée, où flamboyait d’immenses rondins de bois sous un ciel étoilé de Floride,  que Ron découvrit le “Treasure Divers’s Guide”, ou “le guide des trésors enfouis”. Le livre répertoriait des trésors encore enfouis sous les mers, et c’est à l’intérieur de ses pages jaunies qu’il découvrit l’existence de l’épave du “Redenciona”. Son histoire, son chargement, son trésor, tout restait à redécouvrir. Mais déjà, elle l’obsédait. 

La famille déménagea pour la deuxième fois, au plus proche du supposé naufrage du Redenciona. Tout au bout de la Floride, dans la chaleur des eaux tropicales du Golfe du Mexique. Y émerge, là, un saupoudrage de petites îles aux doux noms rêveurs : Key Largo, Islamorada, Key West, Dry Tortugas…parsemant des eaux turquoise et transparentes, habitées de personnages atypiques et décontractés, sympathiques descendants de pirates et autres aventuriers fuyants les lignes de conduites américaines strictes et étouffantes. La nonchalance, l’ouverture d’esprit et l’hospitalité trempaient, ainsi, le caractère des insulaires. 

Et l’histoire de l’épave fut découverte dans les livres poussiéreux des Bibliothèques…

 Le lourd Galion “Redenciona”, de la Flotte Espagnole des Indes, avait coulé sous les lames terrifiantes d’un ouragan, en 1622. 

Le navire, exagérément armé, fermait la marche d’une flotte d’une trentaine de navires. Il se positionnait comme “Almirante” ou arrière-garde, et son objectif était de protéger d’éventuels retardataires. Du fait même de son armement impressionnant, le Redenciona était très prisé des Capitaines et marchands pour transporter de grosses quantités d’objets précieux. Il servait alors de coffre-fort.

Le convoi appareilla depuis Carthagène, en Colombie, les cales remplies ras la gueule, d’or,  d’argent, de cuivre, de pierres précieuses, de tabac, destinés à enrichir les caisses de la Couronne d’Espagne. 

Après plusieurs étapes dans des comptoirs Espagnols disséminés dans les Caraïbes, la Flotte fila vers les portes de l’Océan Atlantique. 

Le quatre septembre 1622, en pleine période des Ouragans, le Convoi fut surpris par des vents forts, et subit de plein fouet la tempête. 

La force du Redenciona était aussi sa faiblesse. Fermant la marche, et alourdit de son butin, il ne put se mettre à l’abri, et brisa sa coque sur des récifs aiguisés, au large des Keys. La malédiction de l’or Inca, contenu dans ses cales, s’abattait sur le Galion, qui coula rapidement. Le Redenciona servi de sépulture aux deux cent cinquante passagers . Seuls cinq survivants furent découverts, dont trois esclaves, grelottants et tétanisés, s’accrochant désespérément au mât du bateau, unique partie dépassant des flots. Quelques semaines plus tard, un autre cyclone fit disparaître les dernières traces du galion. Des navires tentèrent de draguer l’Océan à l’aide de puissants grappins, sans succès. Et la Couronne pleura son or perdu.

Pour l’équipe de Ron, les découvertes s’étaient  faites attendre. La rythmique des jours de recherche et de plongées oscillaient entre l’espoir et son contraire. Le peu d’objets possiblement monétisables qu’ils remontaient à la surface, ne suffisaient pas toujours à renflouer ce que Ron appelait son “ Blue Hole “, le “ Trou Bleu “ , dans lequel les investissements disparaissaient, sans contreparties.  

En plus des plongées, il devait sans cesse trouver des liquidités nécessaires aux recherches.

Son charisme, sa Foi dans le succès et son bagout, charmait les investisseurs. Les rapports trimestriels se déroulaient sur le sable blanc et chaud d’une île déserte et magnifique. Transportés par bateau, les participants passaient une partie de la journée à siroter de délicieux cocktails, et se remplir la panse de viande et de poissons grillés sur des barbecues géants. Et lorsque, imbibés d’alcool, les esprits et les estomacs s’embrumaient de satisfaction, Ron trouvait le moment idéal pour faire le point des modestes découvertes. Pieds nus dans le sable, il réussissait souvent à soutirer quelques subsides de plus.  

La Chasse était difficile. Quatre siècles de tempêtes et de sédiments avaient  éparpillé et recouvert sur des kilomètres carrés la vieille carcasse du Galion. Et son précieux chargement restait introuvable.

Cependant, quelques fois, une lumière d’espoir sortait des profondeurs marines. Ainsi, une chaîne en or, longue de plusieurs dizaines de centimètres, avait été dégagée de la vase. Puis, un gros lingot d’argent, de plusieurs kilos, fut découvert. C’était la preuve qu’ils se rapprochaient du but.

Cela faisait cinq années qu’ils chassaient une chimère qui n’en était plus une.

Pendant ce temps, le monde déroulait son fils rouge… La Guerre du Kippour soulevait les sables d’Orient, le scandale du Watergate allait mettre fin à la présidence de Nixon, et l’Accord de Paris entérinait la fin de la guerre du Vietnam…

Ron revint à lui et but une gorgée de whisky qui lui piqua le palais. 

Les découvertes d’importance se succèdaient. Deux jours auparavant, Stan, l’aîné de ses fils, avait découvert cinq canons de bronze, recouvert de concrétions, mais néanmoins en parfait état. Le “ Blue Hole “ se remplissait, petit à petit.

De légères traînées bleues flottaient à l’horizon, derniers résidus du jour mourant. Les réverbères du port s’étaient allumés, et projetaient sur les quais leur lumière en flaques jaunes.

Leur fils, Roy, rentra du « bureau », réplique d’un Galion espagnol, que Ron et son équipe avaient construit et amarré dans la marina. Il avait fier allure et servait de musée, de bureau, et d’entrepôt. 

Au matin, Ron et son fils se rendirent à la Marina. Ils y retrouvèrent une partie de l’équipe des Frogs n’ Buccaneers. Puis, ils sortirent en mer, direction plein-Ouest, lieu des dernières découvertes.

A la sortie du port, les maisons, ombragées de végétation luxuriante, distillaient leur atmosphère détendue et reposante. La vie commençait à s’activer mollement dans les rues bordées de petites bicoques en bois, de style Bahaméen, aux couleurs pastel. Pour la plupart, un porche filait tout le long de la façade, procurant une fraîcheur bienvenue. Des chaises à bascules trônaient sous l’abri, où quelques fois, les habitants aimaient somnoler, bercés par l’activité de la rue.

Les maisons typiques des Keys, les « Conchs », avaient été introduites au 19ème siècle par des immigrants des Bahamas. Ils avaient construit leurs premières maisons sur de petits pilotis.

Plus proche de La Havane que de Miami, les Keys dépendaient surtout de l’Océan. Ici plus qu’ailleurs, s’y répandait un parfum de liberté, empreint d’une ambiance toute caribéenne.

Ron et Meg se plaisaient dans cette atmosphère chaleureuse et insouciante, comme le chantait Jimmy Buffett. Et il était souvent difficile d’en repartir sans la promesse d’un retour.

La mer scintillait sous les rayons ardent du soleil. Les embruns salaient les lèvres et poissaient les cheveux. Les balises en plastique blanc ballottaient dans la houle, et les plongées se succédèrent sans attendre. Mais le matériel manquait, il fallait s’équiper en fonction des besoins, et les besoins devenaient proportionnelle aux découvertes grandissantes. C’est pourquoi la veille, Ron et Dirck s’étaient rendus chez Ben.

Cet étrange personnage vivait sur Whitehead Street, proche du Quartier Bahaméen érigé au 19ème siècles. Sa vieille bicoque, typiquement tropicale, semblait dater de cette période. Le temps pourrissait doucement le bois de charpente et sa couleur vert de gris.

Key West s’était nourrie des rêves d’hommes aux marges qui avaient laissés, indélébiles, leur empreinte d’encre et de feu. 

Hemingway y avait été le résident le plus illustre, lorsqu’il acheta sa maison de style colonial hispanique, à deux étages. La ville en effet, était propice à la réflexion artistique. Il y vécut douze ans. De même que le président Truman résida 175 jours dans sa « Petite Maison Blanche ». Le climat fut favorable à sa santé fragile.

Dans les rues bordées de Banians, de Palmiers et autres magnifiques Hibiscus, on se côtoyait en artiste de la vie. 

Ben était un de ces individu loufoques de l’île. De taille moyenne, mince, à la limite de la maigreur. Des cheveux longs, blonds-dorés, et une barbe mouchetée de taches blanches neigeuses, encadraient un visage tanné, d’un âge  difficile à estimer, mais dépassant les soixante dix ans. Sa peau hâlée, semblait brûlée par le soleil et le sel de la mer, et par une mystérieuse soif qui l’avait, jadis, habitée.

Véritable excentrique, Ben avait vidé le mot “normal” de sa signification, et même de son vocabulaire quotidien. Son comportement étrange le prouvait chaque jour. Sa vieille baraque en était un parfait exemple en transformant son salon en atelier. C’était un formidable bricoleur qui s’amusait à inventer et améliorer le matériel de plongée. Et lui aussi avait enduré, des années auparavant, la fièvre acide des Chasseurs d’épaves. Sa longue expérience lui donnait un accès privilégié à de nombreux fournisseurs. Il se rendait ainsi, indispensable à la communauté des Chasseurs d’épaves de l’île.

Les insulaires le surnommait “ l’Alouette “. Cela venait d’une de ses manie de siffloter constamment des airs connus de lui seul. Mais sa gouaille le vengeait. Lorsque le vieux appris l’ancien métier d’éleveur de volailles de Ron, il lui imposa le sobriquet de “Chicken”. 

La journée en mer s’écoula sans nouvelles découvertes. Pourtant, ils attendaient tous, à célébrer en païens, comme des Aztèques ivres, l’Or et les Émeraudes sauvées des eaux. Ron espérait recevoir rapidement l’équipement qu’il lui manquait. Il jugea inutile de poursuivre les investigations et donna l’ordre à l’équipe de rentrer au port. 

La demi-lune étincelait l’eau de l’Océan en plaque de métal liquide, et la déchirure de l’onde, infligée par la coque fuselée du navire, froissait la surface.

C’était l’anniversaire de la petite Louise, et ce fut l’occasion de fêter ses dix ans en famille, autour d’un délicieux coulant à la banane et au chocolat.

L’odeur du café frais du matin était agréable. Ron en but une gorgée et se brûla légèrement. Aujourd’hui, il n’y aurait pas de sortie en mer. Il laissait quartier-libre à son équipe. 

Ce fut l’occasion de passer la journée avec son fils aîné, Stan.

Il enfourcha son vélo et partit à sa rencontre. Les relations entre les deux hommes étaient fusionnelles, profondément unis dans la chasse du Redenciona. 

Les couleurs chaudes et vertes de la verdure tropicale reposait les coeurs excités. Ils s’arrêtèrent au Sloppy Joe Bar pour  boire une bière fraîche. Le ventilateur du plafond tournait à fond et brassait la salle de son bourdonnement monotone. Un énorme espadon empaillé, accroché au mur, les regardait d’un oeil sévère. Ils parlèrent des futures plongées. Ron écoutait les projets de son fils, il était fier du jeune homme qu’il était devenu. Le corps de Stan semblait d’acier, la Chasse l’avait bien sculptée, et son caractère semblable à ces vieux loups de mer.

La conversation fut interrompue par une pétarade provenant de l’extérieur. Ils l’entendirent se rapprocher, s’immobiliser devant le bar, et s’arrêter après un dernier rugissement. 

Le sifflotement typique d’une mélodie inconnue annonça l’arrivée du vieux fou.

Traînant ses claquettes, la chemisette sale, déboutonnée, laissait entrevoir son corps bronzé, aux os saillants. Ses grosses lunettes d’aviateur plaquaient sa chevelure ébouriffée. 

Ben arriva en se dandinant à la table de Ron.

“ Alors, vieux biker,  tu viens me livrer mon matos? “

“ Mon p’tit Poulet, tu oublies les bonnes manières. Oui, j’accepte avec plaisir une bonne cervoise bien fraîche.” 

La voix chevrotante sentait déjà l’alcool. “Rien de surprenant” , pensa Ron.

Il leva le bras et recommanda une tournée de bière.

“ Alors, Ben, le matériel? ”

Le vieux gloussa. Ses épaules osseuses se secouèrent frénétiquement.

“ Tu auras tout ton matériel, prêt et opérationnel demain matin à la première heure, mon p’tit Chicken.”

En buvant, sa moustache fut imbibée de mousse qu’il fit disparaître en contorsionnant sa lèvre inférieure.

“ Alors? c’est qui qu’on remercie? “ 

Le vieux fit traîner la dernière syllabe comme un sifflement de serpent, et son corps reprit ses petits soubresauts.

Ils trinquèrent à cette bonne nouvelle, et Ron put une nouvelle fois constater que le corps du vieux dégageait mystérieusement une forte odeur de Vanille et de Coco. 

Finalement, après avoir déambulés sur les chemins défoncés de Key West, Ron et son fils terminèrent leur journée dans la fraîcheur relative du bureau, ce gros Galion reconstitué qui accueillait les touristes, curieux de voir les dernières découvertes des Frogs n’ Buccaneers.

La lumière du jour s’estompait, pourtant la soirée s’annonçait mouvementée. 

Les Keys avaient toujours attirées une population bigarrée, singulière. 

 Doug Kazinsky, alias “Bomber”, avait invité les Chasseurs d’épaves des Keys à une cérémonie qui gardait encore tout son secret.  

La nuit libérait des arômes végétales, aux parfums enivrants et gourmands, de fleurs, de chocolat et de fruits, et l’Océan mêlait savamment ses fragrances aux douces senteurs des mers du Sud. 

La fête se déroulait sur la plage d’une petite île, non loin du rivage Sud de la ville. La lueur d’un grand embrasement se voyait au loin, et ressemblait aux anciens bûchers Vikings. Une foule joyeuse, chantait et dansait autour de ce feu expiatoire. 

Ron et Meg connaissaient la plupart des invités.

 Un homme à la coiffure séparée par une raie impeccable, accueilli à bras ouverts les nouveaux arrivants. La chemise largement débraillée et la bouche pâteuse, il semblait passablement éméché.

“ Mes amis ! ”

Il étreignit Meg et Ron.

“ Salut Doug ! “

“ Ca me fait plaisir de vous voir! ”. Ses yeux roulaient un peu.

Il portait maladroitement une noix de coco percée, d’où sortait une paille et une petite brochette de fruits.

“ Tout le monde est là, allez-y, servez-vous. Il y a du homard, du poisson grillé, du poulet et des cocktails! ”

Il mâchait ses mots et les illustraient en mouvements exagérés des bras.

Ron, Meg et les enfants répondirent à l’invitation car ils avaient faim, et l’odeurs des grillades semblaient délicieuses.

La soirée se déroulait dans un joyeux bordel de rires et d’amitié. 

D’un geste cérémonieux du bras, Doug prit la parole. Il attira tous les invités près d’un promontoire rocheux, surplombant la mer. Les nouvelles circulaient vite sur les Keys, et tout le monde connaissait la mésaventure de ce grand gaillard ventru, aux contours de lunettes noires épaisses.

Il avait passé un accord avec l’Etat de Floride pour l’exploration d’une épave, et négocié la part qui lui revenait en cas de découverte. Mais lorsqu’il remonta du fond de l’Océan une grosse quantité d’or et d’argent, l’Etat avait ré-interprété les termes du contrat, et demandait aujourd’hui à  Doug de lui restituer la plus grosse partie de ses trouvailles. Ce comportement des autorités était malheureusement fréquent, et cela participait à la défiance des insulaires et des Chasseurs envers les institutions du continent. Quelques fois, les prospecteurs ne signalaient pas leur explorations, et passaient sous silence les découvertes.

“ Mes amis, mes amis. S’il vous plait, je voudrais vous présenter Monsieur Bradley, ici présent ”. 

Il désigna un homme en chemise et pantalon de coton, très droit, qui s’arrêta de siroter son cocktail, un peu surpris. Il s’approcha dans le cercle qui se formait autour de Doug, et hocha la tête en signe de salutations.

“ Monsieur Bradley fait parti du ministère des antiquités de la mer…”

“ Des antiquités Culturels et Maritimes” rectifia Bradley.

“On s’en fout ! “ Le coupa sèchement Doug, qui laissa échapper, de rage, des flocons de baves blanches.

“ Ministère du vol ! Ca vous va ?! Ce monsieur, donc, est venu me demander de lui rendre le fruit de sept années de recherches, de dettes, de nuits à la belle étoile et d’un nombres incalculables de haricots en boîtes !!! ”

Il rigola mollement en toussotant, et tenta de raffermir ses jambes qui fléchissaient. Il pointait du doigt le fonctionnaire du Ministère qui se rembrunissait et gesticulait d’impatience, à mesure que Doug étalait son discours, comme on étale du miel sur une victime.

Doug rôta et poursuivit.

“ Donc, ce soir, je vais rendre ce que l’on me demande ! Que la lune m’en soit témoin, ainsi que vous tous.” La phrase avait été dure à prononcer intelligiblement pour Doug, et la lune était absente, mais toute l’assemblée observait avec attention le déroulement de la scène.

 A cette nouvelle, Bradley se radoucit un instant et s’adressa à Doug, ainsi qu’aux autres Chasseurs qui le fusillait du regard.

“ Et bien, je suis ravi que vous y consentiez. Sachez que je ne fais qu’appliquer la décision de l’Etat de Floride…”

Un grincement l’interrompit, et deux hommes portèrent à la lumière du feu un drôle d’engin, ressemblant à une catapulte artisanale.

Les deux Chasseurs aidèrent Doug à disposer une grosse caisse en bois sur la cuillère du bras armé de la machine. Puis Doug reprit la parole.

“ Sept années ! Sept putains d’années ! A fouiller les eaux, à mouiller des coins de vieux bouquins moisis, à chercher des indices. L’espoir, et la délivrance, l’excitation de la découverte…Tout cela est enfermé dans cette caisse. “

Il ouvrit le couvercle et plongea sa grosse main dans le contenu qui luisait et tintait.

Puis, il s’immobilisa devant le représentant du Ministère. 

“ Ce soir, vous venez prendre mon trésor, alors que nous avions passé un accord. Vous trahissez votre parole ! Vous êtes là, dans votre beau costume de coton, buvant mes cocktails et léchant vos doigts dégoulinant de graisse ! Vous vous appropriez le bien d’un autre, et j’appelle ça de la piraterie ! Alors si vous le voulez, vous irez le rechercher vous-même ! ”

Bradley comprit trop tard, et tenta vainement  un mouvement de la main. 

Doug, d’un grand sourire niais et alcoolisé, s’y reprit à deux fois, mais réussit à frapper de son pieds le levier de bois qui libéra le ressort, et catapulta la caisse de bois dans la nuit sombre. Un bruit d’évier heurtant la surface liquide, appris à tout le monde que le contenu de la caisse coulait de nouveau dans les secrets salés des profondeurs.

Bradley jeta énergiquement la coco qu’il avait à la main.

“ Mais vous êtes complètement fou ! Vous n’avez pas le droit ! Je peux vous dire que le Ministère n’en restera pas là, croyez-moi ! Espèce d’ivrogne! ”

On l’empoigna alors qu’il écumait sa colère, et il fut embarqué sèchement sur un bateau qui le ramena à terre. Ces vociférations troublaient encore la nuit lorsque le navire s’éloignait. Doug leva son cocktail en signe de victoire, et tout le monde l’imita. Et la fête reprit.

 Plus tard dans la soirée, Zephron Balkys se dirigea vers Ron et sa femme. Il ne les aimaient pas, ni l’équipe des Frogs n’ Buccaneers. A vrai dire, Zephron ne semblait pas connaitre la mentalité Key-Westienne de fraternité ancestrale des Frères de la Côte.

Il n’hésita pas à provoquer gentiment Ron.

“ Alors, avec ta bande de taré tu as trouvé ton Galion, à ce qu’il paraît? ”

Ron ne le regarda même pas en lui répondant.

“ Tu seras bien le dernier à être au courant ! ”

Zephron n’insista pas. 

Cinq ans plus tôt, lorsque Ron et son équipe arrivèrent à Key West, Zephron errait le long des plages, les yeux plantés avec ardeur dans les sables humides, à la recherche de piécettes. Ses fouilles n’en faisait pas un Chasseur,  mais son égo l’aveuglait de fausses vérités, et lui, se rêvait en spécialiste incontournable. De ce fait, il postula auprès de Ron comme futur associé et proposa son expertise. L’offre fut poliment déclinée, et Zephron en fut profondément humilié.

 Il s’investit alors dans le recrutement d’une équipe, et fédéra autour de lui une bande de hors-la-loi sortis tout droit du Far-West.

Devant son manque de résultats, Zephron conspirait régulièrement contre les Frogs. L’aigreur des faibles et des perdants le faisait adepte des fausses rumeurs et du dénigrement.

Lui et son équipée sauvage posaient souvent quelques désagréments à la population locale. Lorsqu’ils choisissaient un bar pour y étancher leur soif d’échec, cela se terminait souvent de la même façon, le patron exaspéré, les sortaient rugueusement, et complètements ivres.

Dans un coin sombre de la fête, une tête touffue faisait danser ses longues mèches bouclées. Ron reconnu Ben et vint s’assoir près de lui.

“Alors Chicken, tu fais pas la fête? ”

Ron sourit à l’encontre du vieux compagnon, qui gloussa de son rire aigrelet de vieux. Meg arriva, un cocktail à la main et s’assit près des deux gars.

“ Salut Ben! ” 

“ Salut ma jolie!”

“ C’est pour bientôt, je le sens ”. Ron en était persuadé, et parlait haut, comme s’il était seul, plongé dans ses pensées.

“ C’est tout ce que je vous souhaite, les amoureux! ”

Ils trinquèrent au succès futur du couple, puis ils rentrèrent au port.

Les percussions de la grosse sono résonnaient encore dans leur tête lorsqu’ils couchèrent Louise.

A l’aube, quelques nuages menaçants furent vite balayés par un vent frais qui se réchauffa rapidement.

Ron réveilla son fils qui grogna à la simple vue des rais de lumière qui embrasaient sa cabine. 

Ils prirent le Pick-up qui s’arrêta, quelques minutes plus tard, devant la jungle du jardin de Ben. 

Depuis la rue, personne ne distinguait la vieille bicoque. Ils empruntèrent un chemin gravillonneux qui donnait sur les deux battants de l’atelier, d’où Ben sortait régulièrement, les gaz à fond, en chevauchant sa bécane rutilante.

Les battants étaient largement ouverts, et l’odeur de cambouis était plus fort que d’habitude. Un petit poste de radio posé sur un établi de planches et de tôles ondulées, crachotait une chanson Reggae.

Une pile de matériel, posé sur le plancher, obstruait un peu l’entrée.

Ben déboula dans la pièce en sifflant, et sursauta, surpris de les voir. Il les salua en les abondants d’injures et leur proposa son satané café.

Sa chemise tachée et ouverte, découvrait les rares poils de son torse bronzé. Son short descendant juste au-dessus des genoux, était, lui aussi, constellé de taches anciennes.

Le vieillard aida le fils de Ron à charger le matériel à l’arrière du Pick-up, et le père simula un regard honteux envers Roy.

Ben regarda le camion cahoté dans les nids de poule. Sa chemise ondulait doucement dans les petits à-coups de la brise matinale. Seul le Grand Dieu des Hurluberlus savait, à ce moment précis, ce que cette tête ravinée pensait, car son visage resta figé longtemps dans une contemplation étrange.

Sur le chemin du port, Ron rencontra la camionnette de Zephron qui le fusilla du regard. 

L’équipe des Frogs n’ Buccaneers était au complet. Le matériel fut chargé et répartit sur les trois bateaux participant à l‘exploration, dont celui de Stan, le fils aîné.

Meg et la petite Louise vinrent encourager l’équipage au départ.

Les navires levèrent l’ancre et rejoignirent le lieu où ils avaient trouvés les canons, une semaine plus tôt.

Les plongées s’enchaînèrent, et le sonar participa activement aux recherches.

Cependant, la première journée fut décevante. 

Au soir, ils décidèrent de rester sur place, car la mer était calme.

Les trois bateaux furent plongés dans un silence réconfortant, et tout le monde s’endormit sur les promesses du lendemain.

Ron, sur le pont, pensa à Meg et à la petite Louise. Il eut un pincement au coeur mais se réconforta vite de la présence de ses deux fils.

Stan, le fils aîné, dormait sur son bateau, non loin de celui de son père, avec sa femme et deux membres de l’équipe. 

Lorsqu’un des hommes se réveilla, tard dans la nuit, le bateau gîtait dangereusement sur son côté tribord. Il tenta de réveiller ses compagnons et d’amorcer la pompe, mais le tangage s’accentua rapidement, et le navire chavira dans une gerbe d’eau de mer. 

Le photographe de l’équipe fut projeté hors du bateau, et donna immédiatement l’alerte. 

Aussitôt, les cris de détresse réveillèrent les autres membres, sur les bateaux tout proches. 

Les hommes questionnaient en hurlant et s’agitaient dans la pénombre de l’eau noire.

Ron, lui, comprenait l’urgence, mais ne pouvait coordonner les secours. On alluma les projecteurs et les moteurs des petits zodiacs toussotèrent, prêt à intervenir. 

L’incident enfin se révéla à tous, dans son horreur stricte. La coque luisante du remorqueur de Stan dévoilait  son épouvantable carène, et l’eau de la mer bouillonnait tout autour.

Les spots de lumières découvrirent le photographe et un jeune géologue de l’équipe qui battaient des bras l’eau affreuse. On lança des bouées, et les embarcations de secours s’agitèrent pour aider les naufragés.

Ron continuait de scruter la surface agitée, à la recherche de son fils.

Il héla le nom des disparus, et redoubla de désespoirs, lorsque le navire sombra dans des flots effervescents.

En état de choc, il fut isolé de force dans sa cabine, et les membres de l’équipe appelèrent les gardes-côtes.

Meg beurrait des tartines à Louise, et commença à plonger sa cuillère dans le bol de flocons d’avoines chauds.

Son coeur tressaillit lorsqu’elle entendit le pick-up se garer devant la péniche. Si Ron était déjà de retour, c’était bon signe, pensa-t-elle. La Chasse avait tenue toute ses promesses. Elle prit une posture feinte de surprise, souriante intérieurement. Lorsqu’elle vit son fils cadet se diriger rapidement en pleurs dans sa chambre, elle ne comprit pas tout de suite le drame. Ron resta prostré dans le salon, les yeux gonflés de larmes. Alors, son coeur se serra d’un très mauvais pressentiment. Et les cris d’une mère résonnèrent sur le quai, et au-delà.

Ce jour là, elle détesta cette douce quiétude qui enveloppait la ville, et l’île toute entière, qui semblait indifférente à son chagrin. Et elle détesta la chasse aux trésors.

Ron, dévasté de haine et de peine, accusa Zephron et son équipe de brigands. Ils furent retrouvés plus au nord, à Palm Beach, sur le continent. Ils abandonnaient les îles pour tenter leur chance ailleurs.

Les alibis étaient solides, et faute de preuves, personne ne fut inculpé. 

L’enquête conclut à un accident mécanique due à la pompe de cale.

On repêcha les corps gonflés et bleuis de Stan et de sa femme. La cérémonie funéraire fut suivie par la quasi totalité des insulaires et de la communauté des Chasseurs.

Après plusieurs mois difficiles, Ron, Meg et l’équipe d’exploration reprirent les recherches, en hommage à Stan et sa femme.

Les découvertes furent progressives, et il fallut attendre douze longues années pour qu’enfin, le Redenciona livre son trésor de plusieurs centaines de millions de dollars.

Après une bataille juridique contre le Ministère des Antiquités Maritimes, Ron et les siens, purent enfin profiter du butin. 

Cependant, un fait intrigant s’était produit. Pendant l’exploration de l’épave, les membres de l’équipe découvrirent avec stupéfaction, qu’un coffre semblait avoir été fracturé quelques années auparavant, et vidé de son contenu, à dix-sept mètres de profondeur.

A l’aide du précieux compte-rendu original du chargement de 1622, ils  furent en mesure de préciser la nature de la cargaison dérobée. A la surprise générale, le coffre ne contenait ni or, ni argent, ni objets de valeur. Mais des artefacts étranges et très en vogue à l’époque du naufrage, des Bézoards. 

En formes d’oeufs de pierre, ces concrétions dures étaient  produites dans l’estomac de certains ruminants. Réduits en poudre, ils avaient, croyait-on, des propriétés magiques.

Entourés de trésors de plusieurs millions de dollars, les pillards semblaient ne s’être intéressés uniquement qu’à ces articles secondaires.

Et Ron, dans son esprit torturé, ne pouvait s’empêcher de se questionner sur la possible coïncidence du vol et du décès de son fils. Rongé de douleurs, la nuit du drame le hantait.

La lune, le soir de l’incident, n’était pas assez lumineuse, trop timide, ou trop complice…

Le cas contraire, Ron ou les autres, auraient put apercevoir, fuyant sur l’eau lisse, un petit bateau pneumatique, silencieux, seuls les rames clapotant l’eau. 

La nuit du drame, illuminée par une Lune moribonde, au bout de longue minutes, le petit bateau pneumatique s’échouait sur une plage déserte. 

Dans la pénombre, le passager nocturne se fondit dans l’épaisseur de la végétation, en tirant derrière lui son canot. 

Au matin, baigné de lumière chaude, le meurtrier était revenus sur les lieux de son accostage, sur cette plage salie de son forfait et d’algues puantes.

La chemise, ouverte sur un corps longiforme, osseux et bronzé, ballottait dans la brise matinale. Une odeur douceâtre de coco, de vanille et de cambouis embaumait de suavité cette carcasse chevelue. 

La bouche en cul de poule, recouverte de barbe blanchâtre, le vieux fou sifflotait en arborant un petit sourire satisfait…


Quelques conseils de lecture :

Un chasseur de trésors professionnel, Erick Surcouf.
Trésors terrestres et sous-marins: ces fabuleux trésors et leur chasse effrénée.
Manuel du chercheur de trésors.

Jacques Pradel, la véritable histoire des trésors de France.

Hemingway, Ernest
Iles à la dérive.
Le vieil homme et la mer

Jimmy Buffett, chanteur et romancier.
Tales from Margaritaville (anglais)