les Traditions de Noël, 2ème partie

Le marché de Saint-Nicolas, du Petit-Jésus, de Noël…

Le seul et l’unique !

Le petit chalet trône au milieu de la place de Milmort. Les huitres, de délicieuses marennes d’Oléron, défilent, de l’étal aux assiettes de dégustation.

Près de 35 000 huitres sont ainsi englouties chaque saison de l’Avent, accompagnées de Sauvignon bien frais !

 Dans ce petit village de la campagne Liégeoise, on s’enorgueillit du titre de plus petit marché de Noël au monde !

Mais nous aurions tort de mépriser gloutonnement nos fameux mollusques bivalves, car ils ont été témoins de génération en génération, de l’évolution de cet unique chalet du marché de noël de Milmort.

Après en avoir gobé une, approchez la petite coquille nacrée de votre oreille et écoutez… c’est une autre musique que celui de la mer, qui nous est conté…

Raus ! les Saints…

Comme tous les marchés de Noël, celui de Milmort était jadis, dédié à Saint-Nicolas. Les premières mentions d’un tel marché date de 1434, à Dresde.

La réforme protestante réforme. Mais elle a un haut le cœur à l’idée de garder le patronage d’un Saint catholique pour son marché de fin d’année. Qu’à cela ne tienne, Martin Luther a l’idée géniale de mélanger les traditions de Saint-Nicolas et Sainte-Lucie, et d’en sortir une jolie blondinette toute voilée de blanc, que l’on appelle désormais « l’Enfant -Jésus ». Raus ! les Saints…

C’est ainsi qu’en 1575, le superbe marché de Saint-Nicolas de Strasbourg devient le « ChristKindlmarkt », le marché du Petit Jésus !

Get Out !

Mais depuis une bonne cinquantaine d’année, un gros américain joufflu, et tout de rouge vêtu, marche à pas conquérants sur la vieille Europe.

Get out ! Saint-Nicolas, la petite fillette blonde et les marchés du petit Jésus…

Désormais, à Milmort, on mange de très bonnes huitres et du velouté de poisson, au marché de Noël !

Et comme on dit là-bas : « Oufti ! Quéne afêre a Mérmwète » (Houlà ! Quelle affaire à Milmort !).

Les Santons de Provence ou la résistance de la Mie de Pain !

A la fin du 18ème siècle, des sculpteurs Italiens émigrent en Provence. Ils s’installent le long des chemins des différents pèlerinages, sculptent et vendent des statuettes en plâtre représentant des personnages religieux.

Mais voilà que la Révolution Française arrive et ferme les portes des églises en interdisant toutes représentations religieuses, publiques ou privées.

Plus de messes, plus de crèche ! Et en Provence, ça ne passe pas. La résistance s’organise.

On commence à modeler des petits personnages en mie de pain qu’on se sert pour représenter des personnages religieux, chez soi, bien à l’abri des regards révolutionnaires. Et l’habitude devient virale ! Très vite, on copie les sculpteurs Italiens en façonnant les personnages, non plus en mie de pain, mais en plâtre.

C’est Jean-Louis Lagnel qui va inventer, à Marseille, les premiers « Santouns » en argile crue, plus facile à se procurer. Désormais, chacun peut s’offrir, pour quelques sous, ces petits personnages, laïcs ou pieux, et recréer dans son foyer, une mini-crèche personnelle.

Les passions révolutionnaires s’apaisent. Les « petits Saints » vont pouvoir être vendues librement sur la canebière et le Vieux-Port, où nos sculpteurs Italiens, vexés de ne pas s’être reconvertis à temps, tentent d’écouler leur stock de statuettes votives en apostrophant le passant, tel Martine la Poissonnière, de puissants « Santi, santi, santi, belliiiii…… » (les beaux saints…).

C’est ainsi que les Santibelli ont depuis, laissés la place aux Santons et à une belle tradition Provençale.

Le bon vin chaud !

Non, le vin chaud n’est pas (que) Alsacien !

Les romains en consommaient déjà sous le nom très pharmaceutique de « Conditum Paradoxum ».

Au Moyen-Age, on boit du vin épicé connut sous le nom « d’Hypocras ».

Au 16ème siècle, le président-directeur-général d’Ikéa, Gustave Vasa de suède, grand consommateur de « vin brûlé » (en français, dans le texte), en est tellement fan, qu’il oblige ses chers sujets à en boire en grosse quantité ! Vous m’avez cru ? C’était une blague, et Gustave l’aurait aimé, car, dit-on, c’était un sacré luron ! Néanmoins, il développe en Suède, la production de vin brûlé, alors recette française, avec du vin des bords du Rhin.

Et le vin chaud plait ! A tel point que son successeur Adolphe-Fréderic de Suède, au 18ème siècle, tente de ralentir sa production, et surtout, sa consommation, Hips ! Sans succès…

Le vin chaud devient le Glögg, et en même temps aristocratique.

Adolphe-Fréderic, désespéré de ses nobles vassaux, tombe dans une débauche de gloutonnerie.

Le 12 février 1771, il ingurgite au cours du dîner :

Du caviar, de la soupe au chou, du hareng, du homard, de la choucroute, et pour faire glisser le tout, du Champagne en grosse quantité. Arrive le temps du dessert. Le cuistot, qui devait certainement être un opposant, lui propose son dessert favori, le Semla, grosse brioche fourrée à l’amande et baignant dans du lait. Erreur fatale ! Le roi, n’ayant alors plus trop les yeux en face des trous, s’en resservira, pas moins de 14 fois ! Sans que personne ne lui dise rien…La chronique n’en parle pas, mais soyons certain qu’il but un petit verre de Glögg pour accompagner son gargantuesque dîner.

Adolphe-Frederic mourra quelques heures plus tard d’indigestion…Triste fin pour celui qui voulut stopper la consommation de vin chaud dans son royaume.

Quelle est donc le mystère de la malédiction du vin chaud ?

Seule certitude, la tradition oblige qu’à la Saint-Nicolas, on laisse à disposition du Saint homme, un verre de vin chaud, et une carotte pour son âne.

Mais alors, Saint-Nicolas protègerait-il sa boisson préférée ?

Comme il n’y a pas UNE recette, mais qu’il en existe autant que le permet la créativité culinaire, nous vous donnons notre recette de vin chaud :

Vin Chaud

Préparation : 10mn
Cuisson : 5 – 10 mn

Ingrédients :

1 bouteille de bon vin rouge
150 gr de sucre roux
1 orange
1 citron
2 bâtons de Cannelle
2 étoiles de Badiane
3 clous de Girofles
1 pointe de couteau de Muscade râpée

Réalisation :

Faites chauffer le vin dans une casserole, sans faire bouillir, avec le sucre. Puis ajoutez le zeste de l’orange et celui du citron, ainsi que les épices. Rajoutez des morceaux d’orange et de citron.Laissez frémir 5-10 minutes sans jamais porter à ébullition.

Filtrez, et servez bien chaud.

Lorsque le divin nectar vous réchauffera le gosier, contemplez les siècles d’élaboration de cette merveilleuse recette, et souvenez-vous des Romains, qui en consommaient déjà ; de tonton Gustave 1er, qui en raffolait ; de ce goinfre d’Adolphe-Fréderic, qui en mourut ; et de Saint-Nicolas, qui peut devenir franchement ronchon, s’il n’a pas son petit verre pendant sa tournée de distribution de cadeaux…et appréciez la chance de déguster un bon verre de vin chaud !

Et comme on dit au pays du Père Noël : skål !


Le « Cheers de café de contre-sirop’s »
vous présente : les Traditions de Noël, 1ère partie.

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