Miss France, ou les six millions de la Bégum…

« Je n’ai que 17 ans, dites-moi si je dois traverser la France pour courir ma chance. »

C’est ainsi qu’Agnès Souret présente sa candidature, et gagne, en 1920, la première édition du concours de beauté de « la plus belle femme de France » (futur Miss France) !

Loin d’être une nouveauté, le journaliste mondain Maurice Waleffe, qui a créé le concours en 1920, c’est inspiré d’une tradition vieille de 1500 ans !

Miss Rosière…

La Fête de la Rosière, est une fête traditionnelle de village, qui récompense chaque année, la plus vertueuse des jeunes filles. A cet effet, une jolie couronne de roses est remise à l’heureuse élue, qui porte alors le nom de « Rosière ».

C’est Saint-Médard lui-même qui l’aurait institué à la fin du 5ème siècle. Sa sœur, Sainte-Médrine, sera la première à recevoir l’odorante couronne. Mais revenons à nos Miss…

Les bijoux de la Bégum !

En 1930, Yvette Labrousse devient la 6ème lauréate du concours. La belle vie commence, et les voyages aussi. Car en tant que Miss France, elle se doit de représenter à travers le monde l’élégance Française. C’est ainsi qu’elle rencontre, en Egypte, son futur époux, Aga Khan III.

Aga Khan III, chef des musulmans Ismaéliens est considéré à l’époque comme étant le plus riche homme de la planète. Yvette Labrousse, fille de chauffeur de tramway, se prénomme désormais « Om Habibeh », et devient la « Bégum » (princesse) des Ismaéliens.

En 1949, sur la route les emmenant à l’aéroport de Nice, le couple va être victime d’un braquage rocambolesque.

Alors qu’ils circulent à bord de leur Cadillac, des hommes armés bloquent la voiture et menace les occupants. Pensant alors avoir affaire à une célèbre actrice de l’époque, Rita Hayworth, qu’ils comptent enlever, les malfrats, une fois les portières ouvertes, comprennent leur erreur et se rabattent sur les bijoux de la Bégum, d’une valeur équivalente à six millions d’euros !

Ce fait divers, connut dans la presse sous le nom du « vol des bijoux de la Bégum », va inspirer Hergé dans « les bijoux de la Castafiore » …

Miss Sarrement déçue !

Le 18 mai 1935, Elisabeth Pitz est sacrée « Miss France » !

Encore toute tremblante de joie, elle va pourtant devoir rendre sa couronne, deux heures seulement après avoir été élue. Ce n’est pas une erreur de la part du comité, mais un fait d’actualité international qui va s’inviter dans l’élection de la Miss…

Elizabeth Pitz est originaire de Sarre, une région Allemande, alors occupée par l’armée Française depuis 1918, à la suite de la Grande Guerre.

Le 13 janvier 1935, un referendum est organisé sur l’avenir de la région. Et la grande majorité de la population de la Sarre, 90%, plébiscite le rattachement à l’Allemagne. Les tensions Franco-Allemandes sont vives, et les opposants d’Elizabeth Pitz crient au scandale, c’est une Allemande, et n’a donc pas le droit de concourir au titre de Miss France !

 La toute nouvelle lauréate, suite au résultat du referendum, a déjà opté pour la nationalité Française, mais les empoignades entre ses partisans et opposants l’obligent à céder sa couronne et la transmet à sa dauphine…

Saint-Médard est passé, et les roses ont fleuries…

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